LDD (ex CODEVI): le Livret de Développement Durable est-il toujours un bon placement ?

Le livret de développement durable a eu son heure de gloire, nous ne le nions pas. Mais peut-être que celui-ci a montré sa limite, au moment où son taux de rémunération est au plus bas, le rendement étant ce qu’attend en priorité un petit épargnant.

Le montant maximum qu’il est possible d’y placer pose question, ce plafonnement l’empêche de décoller dans le coeur des français, très attachés à une époque à leur livret CODEVI. Toutefois, si on devait le comparer au livret A, et si on met de côté le plafond du LDD, c’est un placement qui tient la route, grâce à sa fiscalité. Mais cela vaut-il le coup de s’y lancer avec un dépôt maximum (au plafond) ?

Qu’est-ce que le LDD ?


C’est un placement ouvert à tous les + de 18 ans, à partir du moment où ils paient leurs impôts en France. Chaque bénéficiaire à le droit à un livret, et pas plus. Il faudra signer une convention avec sa banque lors de l’ouverture stipulant ces éléments, et y mettre quelques dizaines d’euros comme 1er dépôt.

Sachez que vous ne pourrez y détenir plus de 12000 euros, ce plafond n’étant pas pour le moment destiné à être modifié par le gouvernement. Si vous avez à un moment besoin d’en retirer une partie, vous pouvez le faire facilement et sans pénalités. Certaines banques mettent d’ailleurs à la disposition de leurs clients une carte de retrait pour cela.

Combien ça rapporte ?

Nous sommes tous les mêmes : nous voulons des sous à la fin de l’année. Bon, pour devenir riche avec son LDD il faudra repasser, car comme son cousin le livret A, nous en sommes pour l’instant à 0,75%. Les intérêts sont calculés à chaque quinzaine.

Les calculs sont faits le dernier jour de décembre, et début janvier, vous savez de combien vous vous êtes enrichi. Si avec ceux-ci vous dépassez les 12000, pas de problèmes.

Et combien ça coûte ?

Car le percepteur ne manque pas de se rappeler à votre bon souvenir à chaque déclaration d’impôt. Sauf qu’ici, la fiscalité est de 0, et même les fameux prélèvements sociaux ne sont pas appliqués. Comme quoi tout n’est pas encore perdu.

Si vous voulez clôturez, libre à vous, il ne vous en coûtera rien, il faudra juste prévenir votre banque, par courrier c’est suffisant.

Les épargnants français placent de moins en moins leur argent sur un LDD


Sincèrement, en cette époque troublée, on se demande bien où aller pour ne pas perdre son oseille. Quand on voit la bourse qui dévisse, la Grèce prête à l’implosion, on se pose des questions quand même. Pour rester sur nos moutons, LDD et livret A même combat : plus grand monde ne veut continuer à laisser dormir son bas de laine de cette façon là. De moins en moins de milliards collectés pour l’état, mais qui s’en étonne ?

Le problème, c’est les 0,75%. C’est un seuil psychologique qui fait fuir même les plus frileux, et actuellement, ce sont l’assurance-vie fonds en euros) et le plan d’épargne logement qui tiennent la corde. Ces placements proposent la même sécurité mais à des taux d’intérêts qui sont au minimum le double. Le revers de la médaille, c’est qu’on ne peut pas y retirer le moindre centime sans perdre avantages fiscaux et compagnie, voire clôture pour le PEL.

Vers une suppression du LDD ?

Là encore, on n’y va peut-être un peu fort de café, mais on se demande à quoi peut-il encore bien servir, à ce niveau là de rendement ? Surtout qu’il ne sert plus à financer le développement durable, mais les entreprises, qu’elles soient écologiques ou non.

On se demande donc s’il n’y pas d’autres moyens de relancer l’emploi et la compétitivité. Si on prend (encore) l’exemple du livret A, celui-ci sert pour construire des logements sociaux. C’est utile, notamment pour faire des prêts à bon taux aux organismes sociaux. Toutefois, a-t-on encore réellement besoin de cette manne ?

suppression ldd

Ce qu’il faudrait finalement, et ce comme le suggère Génération Libre, c’est d’avoir la liberté d’utiliser cet épargne des français pour le secteur qui en a le plus besoin le jour J. Le parlement pourrait par exemple prendre ces décisions. Même chose pour la Caisse des Dépôts et Consignations. Elle en a le monopole. Pourquoi ne pas ouvrir le marché à la concurrence ?

Un équivalent du Livret de développement durable en Europe ?

C’est peut-être ce qui va sauver le LDD, et lui assurer un avenir plus radieux. La création d’un produit d’épargne que l’on retrouve dans plusieurs pays d’Europe, et dont l’argent collecté servirait à financer de grands projets pour l’union, et ainsi de pouvoir revenir à la notion de financement durable et axant le tout vers la transition énergétique, ou pour voir beaucoup plus loin, vers l’économie numérique.

En effet, pour le moment, il n’y a rien de similaire en Europe, et pourtant beaucoup d’épargne qui y dort.

En définitive, nous laissons à chacun le choix de juger si il faut encore conserver et alimenter son LDD. Reste qu’il semble un peu obsolète par rapport à l’économie et à ses bouleversements qui nécessite une capacité de réaction et d’investissement immédiate.